Route du Rhum : l’aventure en solitaire ( + Vidéo )

Hissez-haut les kids, on vous emmène aujourd’hui sur la Route de Saint-Malo ou plus exactement, sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Cette course transatlantique mythique, dont le départ sera donné le 4 novembre, se déroule tous les 4 ans et constitue la deuxième étape des IMOCA Globe Series 2018-21. Ce Championnat du monde, créé en juin 2018, regroupe 7 épreuves sélectives pour le Vendée Globe 2020-21 et la somme des points récoltés par les skippers lors de « ces courses-étapes » permettra donc de désigner le Champion du Monde en 2021 !

A la barre de son voilier, Michel  Malinovsky pensait filer vers la victoire en 1978. Mais il est « coiffé » sur le poteau par Mike Birch !

Plus de 3 500 milles jusqu’à Pointe à Pitre
En attendant, c’est entre le pays breton de Saint-Malo et les plages ensoleillées de la Guadeloupe que nos aventuriers des mers vont devoir en découdre. Record à battre : 7 jours, 15h et 8 minutes (détenu depuis 2014 par Loïck Peyron). La 1ère édition de cette course est créée en 1978 et son créateur veut en faire la « transat de la liberté ». C’est pourquoi monocoques et multicoques s’y côtoient, sans spécification de classement et sans restriction de taille. La course accueille aussi bien des professionnels que des amateurs qui s’y s’affrontent avec la même règle du jeu. D’ailleurs, sur les 38 concurrents au départ, à peine un quart d’entre eux sont sur des bateaux de course ! Parmi eux, des marins qui vont marquer l’histoire de la voile comme Olivier de Kersauson, Philippe Poupon, Florence Arthaud, Bruno Peyron ou encore Alain Colas (ce dernier disparaîtra d’ailleurs en mer lors de cette Route du Rhum à bord de son célèbre Manureva). Cette première édition sera également marquée par un final époustouflant entre Michel Malinovsky (dit « Malino ») et un certain… Mike Birch. Alors que le premier file vers la victoire finale, il est finalement rattrapé par le « petit trimaran jaune » du canadien qui franchit la ligne avec 98 secondes d’avance au terme de 23 jours et 7 heures de mer. Incroyable !

ROUTE DU RHUM

Bateaux volants à l’horizon
Aujourd’hui, si l’esprit de la course est resté le même, l’évolution technologique est passée par là. 124 navigateurs vont « lever l’ancre » le 4 novembre prochain. Certains d’entre eux sur de véritables « Ferrari » comme François Gabart sur Macif, Thomas Coville sur Sodebo, Armel Le Cléac’h sur Banque Populaire ou encore Françis Joyon sur IDEC Sport. Au total, ils vont être 6 à concourir dans ce qu’on appelle la catégorie « ULTIME ». Celle-ci regroupe des multicoques de plus de 60 pieds sans limitations de taille. Des géants des mers  conçus pour battre des défis et affoler les compteurs de vitesse. Cinq d’entre eux font plus de 100 pieds et sont équipés de ce qu’on appelle des foils (ndlr : des sortes d’ailes) qui leur permettent littéralement de « voler sur l’eau ». Autant dire qu’on s’attend à une traversée record (moins de 7 jours ?) puisque ces bateaux peuvent réaliser des pointes jusqu’à 45 noeuds soit… plus de 83 km/h ! « Aujourd’hui, personne n’a jamais traversé l’Atlantique en espérant voler en solo sur un multicoque. Clairement, on va faire quelque chose que personne ne maîtrise. On va se lancer dans le vide. Et c’est merveilleux » confiait récemment Sébastien Josse qui tiendra la barre du Maxi Edmond de Rothschild dans cette catégorie ULTIME.

 

Surnommé « Cali », Arnaud Boissières prendra le départ sur un nouveau La Mie Câline – Artipôle, désormais équipé de foils.

Un plateau IMOCA de choix
Multi 50, Class40, Rhum Mono, Rhum Multi et IMOCA constitueront les autres « classes » de bateaux. On suivra tout particulièrement, d’ailleurs, les IMOCA (des monocoques de 60 pieds) puisque la concurrence y sera vive cette année, avec pas moins de 20 bateaux au départ. D’autant que les fameux foils aussi ont aussi fait leur apparition sur ces bateaux, ce qui promet des perfs’ encore plus impressionnantes, comme le confirme le skipper arcachonnais Arnaud Boissières « Un foiler est plus facile à mener, parce que le bateau est plus léger et aérien, du coup, il force moins pour aller vite ». Ainsi, un IMOCA sur deux sera équipé de ces « ailes », cette année. Avec, parmi les candidats à la victoire finale dans cette classe : Yann Eliès sur Ucar- St-Michel, Vincent Riou sur PRB, Jérémie Bayou sur Charal ou encore Samantha Davies sur Initiatives-Cœur.

Allez hop, on termine cet article, les kids, en vous offrant une petite vidéo du « bateau volant » Banque Populaire. L’occasion de vous rendre compte de ce que sont les foils et à quel point cela va vite. Très vite !

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