Saut à ski : s’envoler vers les sommets

Dans la famille des sports d’hiver je voudrais… le saut à ski ! Une discipline de « ouf » qui consiste à s’élancer sur une rampe ou un tremplin qui peut atteindre les 120 mètres (voire les 180 m au vol à ski) pour s’envoler dans les airs afin d’atterrir le plus loin possible… tout en maîtrisant parfaitement sa réception. Avec, à la clé, des vitesses de près de 100 km, cinq à sept secondes de décharge d’adrénaline mais aussi de pur bonheur, une sensation d’apesanteur rare et… un atterrissage sur la neige avec un choc qui équivaut à trois fois le poids du corps. Oups… voilà qui doit « légèrement » secouer. Allez, accrochez-vous les kids, on vous embarque pour un « saut dans l’inconnu » qui va littéralement vous décoiffer. Décollage immédiat !

 

COMBINE NORDIQUE - COUPE DU MONDE - 2016 24.11.2016, Nordic Arena, Ruka, FIN, FIS Weltcup Ski Sprung, Nordic Opening, Kuusamo, Herren, Qualifikation, im Bild Domen Prevc (SLO) // Domen Prevc of Slovenia during Qualification for the Mens FIS Skijumping World Cup of the Nordic Opening at the Nordic Arena in Ruka, Finland on 2016/11/24. EXPA Pictures © 2016, PhotoCredit: EXPA/ JFK *** Local Caption ***
Un discipline spectaculaire qui nécessite un maximum de courage et de technique.

Longtemps interdit aux femmes
Courage et technique
… telles sont les deux principales qualités qu’un sauteur à ski doit posséder pour briller dans cette discipline. Une discipline longtemps considérée comme trop dangereuse pour les femmes et qui, pendant des dizaines d’années, leur a été purement et simplement interdite ! Il faudra d’ailleurs attendre 2009 pour que la Fédération internationale de ski organise les premiers championnats du monde féminins. Et ce n’est qu’en 2014, à Sotchi que le saut à ski femme sera inclus au programme olympique. Et encore… Uniquement pour une épreuve sur le « petit » tremplin (90 m).

 

 

Deux sauts, 3 phases
Car les hommes, eux, concourent également sur le « grand » tremplin (120 m) ainsi que par équipes. Un saut à ski se déroule en fait en trois phases : la prise d’élan, la phase de vol et la réception. Chaque sauteur a le droit à deux tentatives. Des sauts notés par des juges en fonction de leur longueur mais aussi de leur style et de la qualité de la réception. Mais pas « d’inquiétudes » les kids, il existe aussi des tremplins d’initiation à 25, 30 et 45 mètres. Vous voilà rassurés non ?

 

SAUT A SKI - JO 1956 - 1956 bolkart (max) quatrième. Equipe unifiee d'Allemagne.  (ger) fonds n/b
La technique  Kongsberger qui consistait à sauter en pliant le buste et en se penchant vers l’avant, bras tendus et skis parallèles.

 

9,5 mètres en 1808
Pour la petite histoire, sachez que le saut à ski est présent aux Jeux Olympiques depuis 1924. Quant au concours sur grand tremplin, il a été ajouté au programme olympique à l’occasion des Jeux de 1964, à Innsbruck. C’est un certain Ole Rye qui a écrit la première page de l’histoire du saut à ski, en 1808, avec un saut de… 9,5 mètres ! Mais c’est un autre norvégien, Sondre Norheim qui est considéré comme le « père » de la discipline puisqu’il remporta la première compétition mondiale en 1866.

 

Bras tendus, penché vers l’avant
Au fil des années, les techniques de saut ont bien entendu évoluées, permettant aux athlètes de sauter de plus en plus loin. Ainsi, après la Première Guerre mondiale, Thulin Thams et Sigmund Ruud mettent au point la technique de saut appelée Kongsberger. Elle consiste à sauter en pliant le buste et en se penchant vers l’avant, bras tendus et skis parallèles. C’est cette technique qui a permis à l’Autrichien Sepp Bradl de devenir le premier homme à franchir la barre des 100 mètres en 1936.

 

CHPTS DU MONDE DE SKI NORDIQUE 2007 SAUT A SKI HS 134 ammann (simon)
La technique en « V », mise au point par le suédois Jan Bokloev, a été adoptée par tous les sauteurs.

Le V de la victoire ?
Puis, au milieu des années 1950, le Suisse Andreas Daescher est le premier à sauter en tenant ses bras collés au corps, tout en se penchant encore plus vers l’avant. Enfin, en 1985, le Suédois Jan Bokloev, met ses skis en « V », afin d’avoir une meilleure portance dans l’air. Une technique adoptée aujourd’hui par la quasi totalité des skieurs. Et actuellement, la meilleure performance réalisée par un sauteur à ski est de 251,5 mètres. Un record détenu par – on vous laisse deviner -… un norvégien !

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