Pyeongchang 2018 : Et qu’ça saute ! (+ Vidéo)

Alors que Martin Fourcade a maintenant rejoint Jean-Claude Killy avec trois titres olympiques grâce à sa magnifique victoire en poursuite, nous allons profiter de l’épreuve du tremplin normal individuel femmes qui s’est déroulée aujourd’hui ( victoire de la Norvégienne Maren Lundby ) pour vous présenter la spécialité du saut à skis car elle mérite vraiment le détour !

Imaginez-vous, les kids,…. descendant à 90 km/h un tremplin en pente (entre 35 et 37°) pour décoller, du nez du tremplin, en essayant d’aller aussi loin que possible et en conservant une totale stabilité jusqu’à votre atterrissage. Gloups,..rien que d’y penser à la rédac’, on en a les jambes qui flageolent…

ENTRAINEMENT SAUT A SKI

On continue quand même …une fois arrivés au bout du tremplin, vous vous voyez donner une impulsion puissante exactement au bon moment afin d’aller le plus loin possible dans les airs. Puis, pendant la phase de vol, vous êtes penchés, en forme de V de façon à placer votre corps entre les skis afin d’obtenir une portance optimale sur l’air. Cette technique de dinguo étant d’ailleurs apparue d’une manière un peu « rocambolesque » grâce à un sauteur suédois du nom de Boklöv qui avait des problèmes sérieux de myopie et n’était pas particulièrement doué pour ce sport !  Son entraîneur et lui-même ont alors développé cette technique du « V » qui donnait une meilleur portance sur l’air permettant ainsi de combler ses faiblesses ! 

Bon, revenons à votre saut les kids… et maintenant, c’est vraiment pas le moment de penser à ce que vous avez mangé à la cantoche car il s’agit maintenant d’atterrir et d’effectuer une « fente » avec les pieds, en position dite de « télémark ». Ouf…..c’est bon, vous êtes arrivés sains et saufs, on est soulagé là…

TREMPLIN NORMAL INDIVIDUEL HOMMES

Maintenant arrivés en un seul morceau, les juges peuvent donc vous noter en fonction de la distance parcourue et du style. La note maximale pour le style en vol est de 20 (et comme en Maths, c’est plutôt rare…) et chacun des cinq juges déduit des points de cette note en fonction du vol, de la réception et de la fin du saut. Et comme les notes maximale et minimale sont ensuite écartées, le total est l’addition de trois notes. Z’avez tout compris les kids ? Si pas le cas, relisez la phrase…(car on va pas la ré-écrire non plus !)

A Pyeongchang, vous pouvez vous régaler avec 4 épreuves : épreuve individuelle dames tremplin normal, épreuve individuelle messieurs tremplin normal, épreuve individuelle messieurs grand tremplin et enfin, l’épreuve par équipes messieurs grand tremplin.

Allez hop, on voit que vous vous égarez là, avec ces histoires de tremplins, on vous propose donc un petit schéma pour mieux comprendre leurs différences :

Tremplin normal : la distance entre le point de saut et le point K doit être comprise entre 75 et 99m. La longueur du tremplin doit être comprise entre 85 et 109 m.

Grand tremplin : La distance entre le point de saut et le point K doit être supérieure à 100m. La longueur du tremplin doit être supérieure à 110 m.

Les points K et les longueurs des tremplins du Centre de saut à ski d’Alpensia ( pour les JO de Pyeongchang) est respectivement de 98/125 et 109/140.

On conclue en vous disant que, vu votre premier saut, il va falloir vous entraîner un peu plus sérieusement les kids car en 1936 l’Autrichien Sepp Bradl franchissait déjà la barre des 100 mètres. Les 150 mètres ont été dépassés en 1957 et les 200 mètres en 1994. Toni Nieminen a été, lui, le premier sauteur à dépasser les 200 mètres. Et le record du monde est de… 239 mètres ! Ce saut a été réalisé par Bjørn Einar Romøren le 20 mars 2005 sur le tremplin de Planica en Slovénie. Phénoménal ! Tellement impressionnant qu’on ne résiste pas à vous montrer la vidéo de cet exploit surréaliste :

Retrouve toutes les interviews ici