Teddy Riner, le colosse aux pieds agiles

Judoka de tous les records, il n’a qu’un mot en tête : la victoire ! Du haut de ses 28 ans et 2,03 mètres, il ne craint personne… à part sa mère ! Car, comme il le dit lui-même « quand la madre hausse un peu le ton et me regarde avec un air insistant, je comprends très vite » Surnommé par certains « le colosse aux pieds agiles », Teddy Riner est « condamné » à gagner. Car tous ses adversaires ne rêvent que d’une chose : le terrasser. Ils devront pourtant encore attendre « un peu ». Pour notre plus grand plaisir.  Car, vous le savez, les kids, dimanche dernier aux Championnats du monde de judo et malgré quelques frayeurs, il s’est s’adjugé un 9ème titre mondial. Véritable phénomène hors du commun, Teddy méritait bien un portrait sur votre site préféré…

 

 

JUDO - CHPTS DU MONDE - 2017 riner (teddy) - (fra) -  *** Local Caption ***   9 fois champion du monde
9 comme… 9 titres de Champion du monde.

 

Rapide comme l’éclair
Commençons par ce qui « fâche », enfin ses adversaires uniquement…  Teddy Riner c’est donc un « géant » de 2,03 mètres pour un poids de forme de 137 kg. C’est aussi 53 cm de tour de bras (oui de bras, vous avez bien lu, pas de cuisse !) et du 50 côté pointure de chaussures. Cela vous donne une petite idée du physique monstrueux de l’athlète. Et pourtant, malgré cela, sur un tatamis, il « vole comme le papillon et pique comme l’abeille » comme le disait de lui même un autre « monstre sacré » du sport, le boxeur Mohamed Ali. « Même si j’étais aussi grand et aussi large que mes adversaires. mes entraîneurs ont très vite compris que mon point fort c’était ma rapidité, soulignait Teddy Riner dans une interview. Cela me permet d’avoir toujours un temps d’avance sur eux. » Pourtant, ces proportions « hors normes » n’ont pas toujours été un atout. Car, si, petit, Teddy voulait jouer avec tout le monde, il devait gérer son énergie et sa force. A tel point qu’il rentrait parfois chez-lui en se demandant où était « sa place » ? Heureusement, il a pu compter sur une maman, Marie-Pierre, attentive et prévenante qui a tout fait pour qu’il se sente bien comme il était et qu’il puisse grandir dans son corps et dans sa tête le mieux possible.

 

 

La tête et les jambes
Mais si Riner est devenu Teddy Riner, il le doit aussi a beaucoup de travail et à un mental de champion. Né le 7 avril 1989, d’un papa employé de la Poste et d’une maman assistante maternelle, le guadeloupéen découvre le judo est sa discipline rigoureuse à  l’âge de cinq ans… Un sport qui est aussi une philosophie de vie comme le confirme le champion… « Dans le judo, il y a un code moral qui reprend à peu près tout ce que chaque parent devrait donner a son enfant : le courage, la modestie, le contrôle de soi, le respect ou encore l’amitié. » Enchaînant les jours d’entraînement en solitaire, répétant les mêmes gestes des centaines de fois avec une intensité rare, Teddy Riner gravit les échelons un à un. En 2006, il empoche ses premiers titres européens et mondiaux en junior. Et, l’année suivante, il devient à Rio le plus jeune champion du monde de l’histoire du Judo. Il a alors 18 ans seulement ! En 2008, le judoka français enchaîne avec une médaille de bronze aux J.O. de Pékin mais aussi… en décrochant son bac ! Car Teddy Riner, les kids, c’est aussi une tête bien pleine dans un corps bien fait.

 

 

JUDO - 2017 riner (teddy) - (fra) - *** Local Caption ***
Si Teddy Riner est un sportif « hors norme » c’est aussi un monstre de travail qui ne ménage jamais ses efforts à l’entraînement.

 

 

Objectif Tokyo 2020
La suite de l’histoire ? Vous la connaissez. Dans toute sa carrière, Teddy Riner n’a enregistré que deux défaites sur un tatami : lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008 face à l’ouzbek Tangriev puis face au japonais Kamikawa aux mondiaux de Tokyo en 2010. Depuis c’est carton plein ! Avec, aujourd’hui, 9 titres de Champions du monde, deux titres olympiques en 2012 et 2014 donc et 5 couronnes de Champion d’Europe. Et 134 victoires d’affilées… une série toujours en cours. Pour autant, Teddy Riner n’est pas encore rassasié. Loin de là. Il rêve, d’ailleurs, d’un troisième titre de Champion Olympique à Tokyo, en 2020, le pays et le berceau historique du Judo. Son prochain objectif… Il rejoindrait alors dans la légende le japonais Nomura avec ses trois titres olympiques dans la catégorie des supers légers (1996, 2000 et 2004). Il dépasserait également le maître David Douillet qui comme lui, fut médaillé de bronze et double champion olympique. Mieux encore, il deviendrait le premier sportif français à décrocher trois titres olympiques consécutifs, inscrivant définitivement et de manière indélébile son nom au panthéon du sport français.

 

 

Espionnage à la japonaise
Mais il est clair que Teddy Riner aura fort à faire car tous rêvent de le faire chuter… A commencer par ses adversaires japonais qui décortiquent ses combats et vont jusqu’à l’espionner en le filmant pendant ses échauffement, sa préparation et ses entraînements… même si cela est interdit. « Avec la technologie, on peut tout faire maintenant. Il ne faut donc pas tout dévoiler, tout donner, se livrer totalement… Car c’est comme ça qu’ils progressent et qu’ils absorbent tout votre savoir. » Méfiant, Teddy l’est également avec… ses bouteilles d’eau ! Sa crainte ? Qu’on le dope à son insu  : « Mon père m’a toujours éduqué dans ce sens. En me disant que je devais me méfier de tout le monde, surtout dans le sport où quand on gagne on peut susciter la jalousie de certaines personnes. Il m’a toujours dit de ne pas laisser trainer mes bouteilles, de vérifier celles qu’on me donne. Si je tourne le dos et que je reviens une minute après, systématiquement je jette la bouteille ouverte. » Teddy Riner va même jusqu’à appuyer sur les bouteilles neuves pour vérifier qu’elles n’ont pas été trouées par la piqûre d’une seringue. « Je n’aimerais pas, demain, qu’on m’accuse d’être dopé et qu’on me salisse. Alors je prends mes précautions. » 

En attendant d’entamer sa préparation pour son « ultime » défi, Teddy Riner va prendre quelques semaines de repos bien méritées. Celui qui avoue avancer à l’orgueil et qui ne cache pas être un « malade » d’excellence, de défi, à la soif de victoires insatiable (le secret de sa réussite ?) aimerait triompher, au Japon, sous les yeux de son fils. Pour que ce dernier se souvienne toute sa vie du champion qu’était son papa. Nous on ne demande que ça !    

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