Mathilde Gros : en piste pour les JO !

Si les Jeux de Paris 2024 sont encore loin, chaque jour qui passe nous en rapproche un peu plus. Et, aujourd’hui, nous reprenons notre « saga » dédiée aux futurs « grands » du sport français… De jeunes pousses qui, pour la plupart, ont déjà réalisé de sacrées performances et qui représentent de belles chances de médailles tricolores pour les JO de Paris. Le « portrait » du jour nous emmène sur « la piste » d’une championne de cyclisme qui rêvait, à l’origine, de faire carrière dans le basket…

 

 

En 2016, à 16 ans, Mathilde Gros devient Championne de France du 500 mètres et Championne de France de keirin.

 

 

Triple championne du monde juniors
Quand on la voit sur la piste, difficile de croire qu’il y a quelques années seulement Mathilde Gros ne se servait d’un vélo que pour aller faire des courses. Et encore, quand elle n’avait pas le choix ! Aujourd’hui, c’est des titres que la jeune fille née le 27 avril 1999 s’en va chercher. Et avec un certain bonheur… En 2015, elle devient Championne de France Juniors du 500 mètres alors qu’elle n’est que cadette. Un an plus tard elle enchaîne avec deux titres européens juniors. En 2016, alors qu’elle n’a que 16 ans, Mathilde Gros quitte les juniors pour passer en « élite » avec toujours le même succès puisqu’elle décroche le titre de Championne de France du 500 mètres et celui de Championne de France de keirin. Sélectionnée en avril 2017 pour les mondiaux « Elites », Mathilde Gros signe le quatrième meilleur temps des qualifications sur 200 mètres lancés. Une véritable « perf » pour ses premiers pas « chez les grands »  et qui lui permet, au passage, de battre le record du monde Juniors. La même année, elle réalise le triplé aux Championnats d’Europe Juniors et Espoirs dans les disciplines de vitesse (500 mètres, vitesse individuelle et keirin), récidive aux Championnats du Monde avec trois médailles d’or et rafle tous les titres (6) aux Championnats de France. Une moisson de titres et de médailles qui ne s’arrête pas là puisque, quelques semaines plus tard, elle dispute, à Berlin, les Championnats d’Europe « Elites » cette fois où elle n’est battue qu’en finale de la vitesse par Kristina Vogel, spécialiste de la discipline et plusieurs fois Championne du Monde.  

 

 

 

 

Il est loin le temps où Mathilde Gros enchaînait les chutes à l’INSEP. Aujourd’hui, c’est les victoires et les titres qu’elle accumule.

 

 

Mathilde Gros explose les compteurs
Aujourd’hui, à 18 ans seulement, Mathilde Gros s’est donc forgé un palmarès impressionnant qui en fait une des plus grandes espoirs du cyclisme sur piste. Et pourtant… Ce n’est pas un guidon que Mathilde a d’abord tenu entre ses mains mais…. un ballon de basket ! Elle n’a alors que trois ans. Un sport qu’elle va pratiquer assidument à tel point qu’elle intègre le Pôle espoir d’Aix-en-Provence en 2012. Son souhait est alors de devenir basketteuse professionnelle. Mais tout « bascule » le jour où elle monte, pour s’entraîner, sur un « watt-bike ». Autrement dit un vélo équipé d’un capteur de puissance destiné à lui faire travailler son explosivité. En réalité, Mathilde explose les compteurs sous le regard plus que surpris de ses coaches qui pensent même que la machine est défectueuse. De son côté, l’entraîneur de BMX détecte vite son potentiel hors du commun et l’envoie  faire des tests à l’INSEP à Paris. Elle en revient avec un contrat en poche. 

 

 

Dix séances d’entraînement par semaine
Ses premiers tours de roue
et ses premiers mois à l’INSEP vont pourtant ressembler à un véritable « calvaire ». Le jour de son arrivée, la jeune fille remplit une fiche de renseignements. A la question « Quel est votre palmarès ? » elle répond… Aucun ! Et à celle lui demandant depuis quand elle pratique cette discipline elle indique… « Aujourd’hui ! » Celle qui détestait faire du VTT avec son papa et trouvait ça ennuyeux enchaîne également les chutes sur la piste. Dès sa deuxième journée, elle est d’ailleurs envoyée aux urgences pour cause d’écharde mal placée. Un comble ! « Il a quasiment fallu lui apprendre à faire du vélo, raconte son entraîneur. Elle savait en faire… Mais pour aller chercher le pain ! » Aujourd’hui, Mathilde Gros monte sur son vélo avec plaisir pour ses 10 séances d’entraînements par semaine. « L’adrénaline de la course est devenue une drogue ! » confie t-elle. Et sa soif de médailles n’est pas prête d’être étanchée, d’autant que Mathilde est plus motivée que jamais à l’idée de disputer les JO « à la maison », en 2024. Mais avant, elle devra se remettre de sa lourde chute survenue lors d’une épreuve de Coupe du Monde en novembre dernier (en finale du keirin) qui l’a conduite à se faire opérer d’une luxation acromio-claviculaire.  On lui souhaite de vite se rétablir ! 

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