Avec les « no show », les sportifs risquent gros

Vous avez peut être entendu parler ces derniers jours de « no show », les kids. Notamment à propos du boxeur français Tony Yoka, Champion Olympique dans la catégorie des lourds et qui maintenant poursuit sa carrière aux États-Unis en tant que professionnel. Et cette histoire de « no show » est loin d’être anecdotique. Car Tony Yoka a tout simplement été suspendu un an avec sursis par la Fédération française de boxe (FFB) pour une infraction à la réglementation antidopage entre juillet 2016 et mars 2017. Pire, l’Agence française antidopage (AFLD) pourrait même alourdir cette sanction transformant le sursis en suspension ferme. Une décision qui mettrait un sérieux coup de frein à la carrière du boxeur. Sans parler de son image de marque qui se trouve, elle aussi, un peu écornée par cette affaire. Alors, vous vous demandez peut être ce qu’est ce fameux « no show »… Et bien votre rédac’ vous explique tout ici…

 

 

Tony Yoka a manqué trois contrôles et a été suspendu un an avec sursis par la Fédération Française de Boxe.

 

Obligation de dire où on se trouve
Chaque année, l’agence Française de Lutte contre le Dopage définit ce qu’on appelle un groupe « cible ». Autrement dit un groupe de sportifs de haut niveau qui seront soumis à une obligation de localisation. Celle-ci consiste à signaler pour chaque jour du trimestre à venir, l’endroit où l’on se trouvera afin de permettre un contrôle antidopage « surprise ». Avant que cette obligation soit mise en place, les sportifs qui souhaitaient se doper pouvaient partir en stage pendant les périodes de préparation (afin d’éviter les contrôles). De cette manière, certains sportifs n’étaient jamais contrôlés avant les compétitions, alors que cette période est très importante pour la préparation physique.

 

 

Des manquements différents et des sanctions variables
Malheureusement, l’actualité récente a prouvé que certains sportifs avec « du mal » avec ce système de localisation. C’est le cas, donc, de Tony Yoka mais également de la joueuse de tennis Alizé Cornet (voir ci-dessous). Attention les kids ! Cela ne veut pas dire que ces sportifs sont dopés. Pas du tout ! Mais qu’ils n’ont pas bien indiqués les endroits où on pourrait les trouver. Et qu’ils n’ont donc pas pu être contrôlés. Il existe d’ailleurs deux infractions distinctes :
– ceux qui ne se trouvent pas à l’endroit où ils devraient être selon leur agenda, il s’agit alors d’un « no show ». Cela peut arriver en cas de changement de planning. Dans ce cas, le sportif devrait mettre à jour son agenda mais s’il n’y pense pas et qu’un contrôle inopiné est déclenché, les médecins chargés de pratiquer les prélèvement sont dans l’obligation de déclarer une infraction. Et au bout de trois infractions, le sportif doit être sanctionné. Sauf que les sanctions prononcées ne sont pas claires du tout. Prenez Teddy Tamgho, spécialiste du triple saut. Il a écopé d’un an de suspension (en 2014). Alors que, dans le même temps, la footballeuse Laure Boulleau qui avait manqué trois contrôles en 2014-2015 a été purement et simplement… relaxée !

– les sportifs qui n’ont pas rempli leur agenda dans les délais prévus (sur un logiciel spécifique). Il s’agit alors de ce qu’on appelle un défaut de localisation. C’est ce qui est arrivé, par exemple, au lutteur Steeve Guéno, sacré champion olympique de lutte lors des JO 2008 à Pékin. Ce défaut de localisation s’ajoutant à deux précédents « no show », il a, lui aussi, écopé d’une suspension pour manquement aux contrôles antidopage.

Ces infractions sont encore différentes d’un autre cas de figure, il faut bien le dire bien plus « grave » : ne pas se rendre à un contrôle après avoir reçu une convocation. Dans ces cas, les sanctions sont bien évidemment beaucoup plus lourdes. Car refuser un contrôle équivaut tout simplement à un contrôle positif. Et le sportif qui « s’amuse » à ce petit jeu peut tout simplement être suspendu pendant 2 ans !

 

Le manque de rigueur de Yoka…
On en est pas là pour Tony Yoka. Pour justifier ces trois « no show », l’avocat du boxeur a d’ailleurs déclaré : « il y a un no-show, il est dans l’avion qui le ramène des États-Unis vers la France. Nous sommes au mois de juillet 2016 et il est en stage dans le Colorado avec toute l’équipe de France. Et le no-show intervient le matin quand il atterrit à Paris. Il y en a un au mois de septembre où là, effectivement, on est peut-être dans une dimension un peu plus festive et moins rigoureuse, et Tony l’admet tout à fait. Et il y en a un autre où il est même avec moi aux États-Unis à San Francisco chez son entraîneur Virgil Hunter. C’est un peu compliqué pour lui, car il a deux lieux de résidence. » On veut bien l’admettre les kids mais tout de même. On ne peut pas dire que cela fasse très professionnel.

 

 

Alizé Cornet attend la décision, en mai prochain, de l’ITF, suite à ces trois contrôles « ratés ». Une menace qui n’est pas sans conséquences sur la qualité de son jeu.

 

 

… et le « malentendu » de Cornet
De son côté, Alizé Cornet, elle aussi sous le coup d’une procédure disciplinaire après avoir manqué un troisième contrôle antidopage en 2017 avait déclaré : « Avec mon frère (ndlr : Sébastien qui était son agent et qui s’occupait de la mise à jour d’ADAMS, le système de localisation des sportifs), on faisait super gaffe. On n’a pas fait d’erreur sur ce troisième no show survenu fin octobre. J’étais chez moi, mais les contrôleurs n’ont pas réussi à me joindre, il y a eu un énorme malentendu. J’ai toujours été clean. Ma position vis-à-vis du dopage est hyper stricte: les joueurs dopés devraient être sanctionnés lourdement. Depuis dix ans, j’ose à peine prendre un Doliprane pour me soigner, j’ai dû faire une centaine de contrôles, tous négatifs, et là, je peux être condamnée pour désobéissance à l’ADAMS, c’est cruel. »

 

On vous tiendra, bien entendu, informés de la suite de ces menaces qui pèsent sur la tête de Tony Yoka et Alizé Cornet les Kids. Mais pour apporter une petite « Tuche » d’humour à ce sujet très sérieux on terminera cet article en vous disant que  » Tu peux rater un contrôle, pas trois… Ok, tu peux rater deux contrôles, mais pas trois… »