Jeremy stravius 100 metres

Jeremy Stravius ( Natation )

En toute discrétion, le Picard de vingt-huit ans s’est taillé un sacré palmarès. Il est même le nageur français le plus médaillé aux Mondiaux avec huit breloques (il en a eues autant aux Championnats d’Europe). Depuis cet incroyable titre partagé sur 100m dos avec Camille Lacourt en 2011, Jérémy Stravius n’a cessé de jouer sur sa polyvalence. Il est aussi devenu un atout majeur pour les relais, notamment le 4x100m qui lui a offert une troisième médaille olympique (argent) aux Jeux de Rio.

Rencontre avec Jérémy avec une interview exclu pour les Kopkids juste avant que ne se déroulent les Championnats de France à Schiltigheim.

C’est difficile de se relancer après les Jeux ?

Oui ! Avec une ambition et une motivation aussi importantes, c’est compliqué. J’ai pensé à m’arrêter parce que je voulais m’orienter plus vers le sprint mais j’ai eu du mal à trouver une structure. À quoi ça aurait servi de continuer ? Finalement, on a trouvé un compromis avec mon entraîneur Michel Chrétien à Amiens. Je prends donc étape par étape. Aux Championnats de France, je vais m’aligner sur 50m dos vendredi et 100m nage libre samedi. Sur d’autres courses optionnelles aussi, où je ne vise pas forcément de qualification pour les Mondiaux.

Tu as choisi de te concentrer sur le sprint parce que tu es devenu fainéant ?

Non, non. J’ai l’habitude de changer chaque année. Le dos, au-delà du 50m, ce n’était plus possible. Je sais ce que ça impose de l’entraînement, et je n’étais pas prêt à rempiler pour ça. En crawl, je ne voulais plus nager le 200m, qui n’est pas très compatible avec le 100m. Et puis, après les Jeux, j’ai repris la saison plus cool, j’ai été blessé aussi, ce qui m’a retardé. Mais j’ai l’impression d’avoir vite retrouvé mon niveau.

50 M PAPILLON HOMMES

Quels sont tes objectifs pour les Mondiaux de cet été à Budapest ?

On va d’abord essayer de se qualifier ! Il faudra regarder où je me situe dans les rankings mais j’ai toujours envie d’être ambitieux. Je veux monter sur la boîte sur le 50m dos et le 100m nage libre. Ça va être compliqué mais il faut viser haut pour progresser. Je suis aussi motivé par le relais 4x100m, où on a été invaincu entre notre victoire aux Jeux de Londres et la deuxième place à Rio. On garde une chance de médaille, et pour ça il faut encourager les jeunes !

Justement, avec Camille Lacourt, tu fais partie des deux « vieux » de l’équipe de France…

Merci ! Mais c’est clairement ça. Avec Camille, on se doit de partager notre expérience. Il va y avoir de nouvelles têtes, notamment chez les filles, et chacun devra faire sa place. Mais ils savent qu’on est là. C’est bizarre, il y a un grand vide. Mais, avec Camille, on est encore là, ce qui montre notre longévité.

Rien que pour les Kopkids, c’est quoi ta plus grande peur ?

Plus jeune, ça pouvait être de perdre mes lunettes en plongeant. Mais ça ne l’est plus, je suis serein là-dessus. En revanche, j’ai peur d’arrêter la natation sans avoir construit ma reconversion. Je travaille sur l’ouverture d’un karting indoor à Amiens. C’est chouette, un beau projet.

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