Navigateur (trop) solitaire…

Quelle histoire incroyable ! Le 31 octobre 1968 à 16h52, l’Anglais Donald Crowhurst est le neuvième et dernier concurrent à prendre le départ de la course en solitaire « Golden Globe Challenge« . La fabrication du « Teingmouth Electron », son trimaran de 12 mètres, a coûté à l’homme d’hypothéquer toute sa vie.

Au bout de quelques semaines en mer, il se rend compte que son bateau n’est pas du tout adapté pour un voyage si agité. Sa coque en fibre de verre prend  l’eau et les complications se multiplient. Tiraillé entre la mise en péril de sa vie et la honte du renoncement, l’Anglais décide alors de reporter par radio de fausses positions sur son parcours… puis de faire silence radio pendant trois mois. Il erre alors sur l’océan Atlantique puis lorsqu’il reprend contact avec son entourage, il apprend qu’aucun de ses concurrents à part Robin Know-Johnston n’a terminé la course. Donald Crowhurst comprend alors que s’il termine la course sain et sauf, il sera un second sous le feu des projecteurs de la presse du monde entier !

Il poursuit alors sa dérive sur l’océan Atlantique mais petit à petit, il est gagné par la folie de la solitude. Sur le bateau, il écrit énormément. Au bout du rouleau, 25 000 mots de « confession » sur la nature du cosmos dans lequel il se voyait comme le fils de Dieu. ‘C’est fini‘, écrit-il sur la dernière page. ‘C’est fini. C’EST LA DÉLIVRANCE… Je renonce au jeu’. C’était le 1er juillet 1969. Le 10 juillet, plus de sept mois après avoir pris la mer, le « Teignmouth Electron » est retrouvé par hasard au milieu de l’Atlantique. À bord, aucune trace de son capitaine – à part ses carnets de bord et ses enregistrements. Le corps du Britannique ne sera jamais retrouvé.