Sélectionneurs et entraîneurs, jouent-ils sur le même terrain ?

Hier, Aymeric Laporte, le défenseur central de l’Athletic de Bilbao a fait pour la première fois son apparition dans la liste de joueurs retenus pour affronter la Bulgarie et les Pays-Bas… Deux rencontres comptant pour les éliminatoires du Mondial 2018 et qui se disputeront les 7 et 10 octobre prochains. Une liste communiquée par Didier Deschamps qui est, comme vous le savez certainement tous les kids, le sélectionneur de l’Equipe de France de football.

Mais avant d’occuper ce poste, l’ex joueur de l’OM ou encore de Chelsea, a aussi été entraîneur de l’A.S Monaco, de la Juventus de Turin et de l’Olympique de Marseille. Alors, aujourd’hui, on a décidé de profiter de l’occasion pour te parler de ce qui faisait la différence entre un sélectionneur et un entraîneur. Et ce, quel que soit le sport d’ailleurs, que l’on parle football, rugby ou encore handball.

FOOT - L1 - 2016 LES JOUEURS DU FC NANTES AU COURS D'UN LEGER ENTRAINEMENT AVANT LE MATCH CONTRE RENNES. ILS EFECTUENT ICI UN FOOTING SOUS LA DIRECTION DE STEPHANE WIERTELAK, PREPARATEUR PHYSIQUE DU CLUB. CENTRE D'ENTRAINEMENT DE LA JONELIERE, LA CHAPELLE SUR ERDRE, FRANCE, LE 4 MARS 2016. PHOTO: BERNARD LE BARS *** Local Caption ***
Les « canaris » nantais à l’entraînement

Première différence de taille, l’entraîneur est au contact des joueurs au quotidien. Et il doit gérer un effectif de 25 à 30 joueurs que son club met à sa disposition. Des joueurs qu’il n’a pas tous choisis, loin de là. Il dispose donc de temps pour les faire travailler ensemble, progresser et mettre en place une organisation tactique et un schéma de jeu.

Ce n’est pas le cas du sélectionneur ! Lui, a, à sa disposition, tous les meilleurs joueurs d’un pays. Des joueurs évoluant dans des équipes et des championnats nationaux différents. A lui de construire un groupe performant pour atteindre les objectifs qui lui ont été fixés par sa fédération et se qualifier, notamment, pour les grandes compétitions comme la Coupe du Monde, le Championnat d’Europe ou encore les Jeux Olympiques.

Il va donc choisir ses joueurs en fonction de leur talent, de leur état de forme physique du moment mais aussi de l’organisation qu’il veut mettre en place et de leur complémentarité. Récupérant les joueurs que peu de temps avant les rencontres, il n’a pas vraiment l’occasion de les faire travailler mais doit être capable de bien les faire jouer ensemble et de créer un véritable « esprit d’équipe ». Un peu comme un chef d’orchestre.  

FOOT - COUPE DU MONDE 2014 - 2014 capello (fabio) l'(29/06/2014)
Fabio Capello (photo) qui a « porté les deux casquettes » en dirigeant le Milan AC ou le Real Madrid mais en étant aussi à la tête de l’équipe nationale d’Angleterre et de la Russie s’était confié, il y a quelques temps, sur cette différence entre les métiers d’entraîneur et de sélectionneur. Voici ce qu’il disait à l’époque… « Dans un club, on peut discuter avec un joueur au quotidien, mieux comprendre les besoins de l’équipe et traiter les problèmes en profondeur. Il est plus facile de former un groupe, et surtout, d’aider les joueurs à progresser, notamment sur l’application des différentes tactiques ».

Dans une sélection, vous récupérez les joueurs quatre jours avant le match. C’est beaucoup plus compliqué. Dans ces cas-là, la mentalité est un facteur décisif. Il faut créer un état d’esprit auquel tout le monde adhère. Et surtout, malgré ce laps de temps très limité, il faut que chacun comprenne bien ce que l’on attend de lui. Ce sont deux rôles très différents, notamment au niveau de la pression. »

Pour autant, les entraîneurs comme les sélectionneurs doivent, au final, relever le même défi : gagner le plus de matchs et faire plaisir aux supporters.

Retrouve toutes les interviews ici