Bielsa : le fou de foot

En attendant de revenir vous parler de Coupe Davis, on s’accorde un petit « temps mort » en matière de tennis pour ouvrir une parenthèse… football. Dans le « feu de l’action » sportive, peut-être êtes vous passés « à côté », les kids, mais on a appris que l’entraîneur de Lille Marcelo Bielsa était « suspendu » de ses fonctions… et que la probabilité de le voir quitter le Nord après trois mois seulement passés au club était plus que forte. Bielsa, voilà un entraîneur qui ne laisse personne indifférent. Il y a ceux qui l’adorent… Et ceux qui le détestent. Alors pour vous aider à vous faire votre propre idée, on a choisi de « dresser » son portrait. Histoire que vous puissiez mieux le connaître…

 

 

Avec l’Athletic Bilbao, Bielsa a atteint la finale de la Ligue Europa et marque les esprits.

 

 

 

Le meilleur pour Guardiola
La carrière d’entraîneur de Marcelo Brésilien a commencé en 1980… Tout d’abord avec les équipes de jeunes du club « de son coeur », les Newell’s Old Boy en Argentine. En 1990, il se voit confier l’équipe première et, l’année suivante, il remporte le titre de Champion d’Argentine. En 1992, toujours avec les Newell’s Old Boy, il atteint le stade de la finale de la Copa Libertadores (l’équivalent de notre Ligue des Champions européennes, mais en Amérique du Sud). Les années suivantes, c’est en Espagne que Bielsa commence à se faire un nom. Et plus particulièrement à L’Athletic Bilbao qu’il dirige de 2011 à 2013. Avec, pour sa première saison sur le banc, deux finales (certes perdues)…la première de la Coupe d’Espagne et la seconde de l’Europa League. Le style de jeu qu’il « impose » alors à ses équipes, particulièrement exigeant mais aussi spectaculaire, forge sa réputation. Ainsi, en 2012, Pep Guardiola alors entraîneur du grand Barca n’hésite pas à dire à propos de Bielsa… « Nous sommes face au meilleur entraîneur de la planète !« . Un sacré compliment de la part d’un homme régulièrement cité parmi les meilleurs entraîneurs au monde. Entraîneur de club, Bielsa a aussi occupé le poste de sélectionneur. Tout d ‘abord de l’équipe d’Argentine (de 1998 à 2004) avec qui il remporte la médaille d’or aux JO de 2004… Puis, de celle du Chili de 2007 à 2011, un pays ou Bielsa va devenir un véritable « mythe », tant le jeu et les résultats de la sélection vont s’améliorer.

 

 

La « Bielsamania » gagne Marseille
Bien entendu, en France, Bielsa est surtout connu pour s’être assis sur le banc de l’Olympique de Marseille lors de la saison 2014. Malgré des débuts chaotiques, il parvient vite à redresser la barre et place même l’OM en tête de la Ligue 1, le club décrochant le titre honorifique de Champion d’Automne. Adulé par les supporters qui apprécient le jeu proposé par leur équipe, Bielsa c’est aussi fait remarquer à l’OM par ses conférences de presse « étranges » et sa fameuse glacière sur laquelle il s’assoit au bord du terrain pour suivre les matches de son équipe. Mais, lors de la saison suivante, il quitte brutalement Marseille aux lendemains de la première journée de championnat (à cause, selon lui, d’un désaccord avec la Direction du club). Car c’est aussi ça Bielsa… des coups d’éclats mais aussi des coups « de sang » et de folie qui ont jalonné toute sa carrière. Vous en voulez quelques exemples ?

 

 

 

« El loco » porte bien son nom
En 1997, Bielsa est de retour à l’Atlas Guadalajara, au Mexique. Un club qu’il a déjà entraîné dans le passé. Sa mission ? Sauver le club à huit journées de la fin du championnat. Bielsa accepte le défi avant de « jeter l’éponge » le jour même de sa présentation officielle qui sera donc… annulée !  Une décision prise après une longue nuit de discussion avec sa femme, Bielsa déclarant également que le président négligeait trop le centre de formation. En 2004, aux lendemains de la médaille d’or gagnée avec la sélection argentine aux JO, Bielsa surprend tout son monde en démissionnant, s’estimant cette fois pas assez soutenu par sa Fédération. Et ce n’est pas fini… En 2010, alors qu’il est sélectionneur du Chili, il exclut définitivement quatre joueurs de son effectif après qu’ils aient osé critiquer sa façon dont il avait géré la blessure de l’un de leurs coéquipiers. Enfin, après son départ fracassant de Marseille on retrouve « El Loco » comme on le surnomme du côté de l’Italie et de la Lazio de Rome. Là encore, l’argentin « frappe fort »… puisqu’il démissionne à nouveau quelques heures seulement (deux jours pour être précis) après avoir signé son contrat. Cette fois, il évoque des différents avec la Direction à propos du recrutement. 

 

 

 

A l’entraînement comme en match, Bielsa n’hésite jamais à donner de la voix et à replacer ses joueurs.

 

 

Un scientifique du ballon rond…
Mais on ne peut résumer Marcelo Bielsa à ses coups de folie… Car « El Loco » c’’est aussi – et peut être même avant tout – une conception très particulière du football. Avec une vision très offensive du jeu. Sa tactique « de base » qu’il met en place partout où il passe ? Le « fameux » 3-3-1-3… un dispositif prônant l’attaque mais aussi très dangereux pour son équipe… « J’aime que mon équipe attaque plus qu’elle ne défend », avait déclaré le coach au site de la FIFA en 2007. Une tactique particulièrement éprouvante pour les joueurs qui oblige tout le monde à défendre énormément, y compris les attaquants. Car Marcelo Bielsa est aussi un monstre de travail qui visionne des dizaines d’heures de matches de tous les championnats et qui s’en inspire pour créer de nouveaux exercices. 

 

 

… et un « bourreau de travail »
Résultat : il demande également beaucoup à ses joueurs lors des séances d’entraînement, les forçant à réaliser et répéter des gestes de façon presque mécanique. « Moi, comme j’étais latéral, mais aussi un tireur de coup de pied arrêté, je devais réaliser 72 centres par séance, confiait le milieu de terrain mexicain dans une interview au magazine So Foot. Mais ce n’est pas tout. J’étais milieu de terrain, mais Bielsa m’a positionné comme latéral droit, car pour lui, un bon joueur doit être capable d’occuper au moins deux postes. Toujours très « proche » de ses joueurs, Marcelo Bielsa passe beaucoup de temps lors des entraînements à les replacer (au mètre près), à leur montrer comment bien effectuer le repli défensif, interrompant les exercices et actions dès qu’un geste ou une situation ne sont pas parfaitement exécutés.  C’est d’ailleurs pourquoi Marcelo Bielsa a pris l’habitude de ne signer que des contrats de « courte durée » avec les clubs dans lesquels il s’engage. Parce qu’il estime qu’il ne peut demander autant d’efforts à ses joueurs que sur une courte période et que très vite, ceux-ci se lassent et finissent par ne plus adhérer à son discours. C’est peut être ce qui est arrivé à Lille… mais de manière bien précoce ! 

 

 

 

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