Un vent de suspicion de dopage souffle sur Froome

Tous en selle les kids ! On vous emmène faire un tour – de France, d’Italie ou d’Espagne – au pays de « la petite reine ». Le vélo quoi. Malheureusement pas pour parler performance sportive ou « échappée belle » mais pour évoquer un sujet qui empoisonne ce sport depuis de nombreuses années… le dopage. Car Chris Froome, quatre fois vainqueur du Tour de France, a subi un contrôle antidopage qui s’est révélé être positif lors de sa victoire dans la Vuelta (ndlr : nom donné au Tour d’Espagne), en septembre dernier. Cette nouvelle révélation vient ternir un peu plus l’image du cyclisme, un sport déjà marqué par de nombreux scandales. A l’image de « l’épisode » Lance Armstrong… Vous savez, ce coureur américain, véritable « légende » du cyclisme dans les années 2000, qui après avoir détenu sept titres de vainqueur du Tour de France consécutifs, les a tous perdus par la suite pour dopage et a été radié à vie de toute compétition sportive. Le point sur cette « affaire Froome »…

 

 

Après avoir triomphé sur la route, Froome est aujourd’hui plongé en pleine tempête.

 

 

 

Nombreux sont les coureurs à « rouler à l’eau claire »
Mais avant de vous présenter plus en détail ce qu’on reproche au coureur britannique, il nous semble important de rappeler certaines choses. Oui le cyclisme fait souvent parler de lui en matière de dopage. Trop souvent ! Mais peut être est-ce parce que, justement, ce sport a mis en place des moyens de contrôles efficaces. Et qu’il est de plus en plus difficile de passer entre les mailles du filet quand on s’est « chargé ». On peut légitimement se poser la question de savoir si dans d’autres sports, y compris collectifs, cette question du dopage n’est pas « tabou » ou passée sous silence. Ensuite, les kids, il ne faut pas oublier que tous les coureurs cyclistes ne se dopent pas. Et que la grande majorité « roulent à l’eau claire ». 

 

 

La Ventoline de trop ?
Maintenant que cette précision est faite, revenons-en au « cas » Chris Froome. Un contrôle effectué pendant le dernier Tour d’Espagne a donc révélé un taux de salbutamol deux fois supérieur aux 1 000 ng/ml autorisés par le règlement de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Alors c’est quoi ce salbutanol ? Et bien il s’agit d’un médicament destiné à traiter l’asthme, utilisé par des milliers de personnes en France, plus connu sous le nom de Ventoline. Il ne s’agit donc pas à proprement parler d’un produit dopant comme l’EPO ou les stéroïdes. Pour l’UCI, le salbutamol fait d’ailleurs partie des substances spécifiées (à surveiller) et non interdites. Mais la prise massive de Ventoline entraîne un effet anabolisant qui permet d’augmenter leur masse musculaire. Ce qui est interdit ! 

 

 

Indurain, Petacchi et Ulissi contrôlés positifs
Froome n’est d’ailleurs pas le seul à avoir eu recours de manière « excessive » à ce produit. En 2007, le coureur italien Alessandro Petacchi a été contrôlé positif au salbutamol lors du Giro, avec un taux de 1 352 nanogrammes par millilitre. D’abord innocenté par sa fédération, il avait ensuite été suspendu un an en 2009 par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Il avait perdu ses victoires acquises durant le Tour. Quelques années encore auparavant Miguel Indurain et Oscar Pereiro, avaient été, eux aussi, contrôlés positifs à la même substance. Mais ils avaient réussi à s’en sortir en produisant des « autorisations médicales à usage thérapeutique ». Enfin, le dernier coureur pris pour usage excessif de salbutamol est Diego Ulissi, lors du Giro 2014, avec 1 900 ng/ml.  Soit moins que Froome. Comme Petacchi, Ulissi a été suspendu et s’est vu retirer sa victoire d’étape.

 

 

 

Face aux médias, Froome a déclaré qu’il avait suivi les recommandations de son médecin pour soigner son asthme.

 

 

 

Que risque Froome ?
Alors que dit Chris Froome pour sa défense ? Qu’il a utilisé son inhalateur contre l’asthme en respectant les règles, tout simplement, et en suivant les prescriptions du médecin de l’équipe Sky : « Cela fait dix ans que je suis professionnel et que je soigne mon asthme tout en courant. Je connais les règles. Je connais les limites et je n’ai jamais dépassé ces limites. J’ai une façon de procéder très claire sur quand et combien de fois j’utilise mon inhalateur. J’ai donné toutes ces informations à l’UCI pour aller au fond des choses. » Reste à savoir ce que va décider l’instance quand elle aura mené son enquête. Froome encourt la perte pure et simple de sa victoire dans le Tour d’Espagne et risque d’être suspendu pendant un an. Affaire à suivre donc…

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